Smartphone tenu à la verticale filmant une vidéo courte d'information santé au format 9:16, illustrant la vidéo verticale santé en 2026
Expertises · Tendances digitales 2026

Vidéo verticale en santé : quel format court pour informer les patients sans survendre en 2026 ?

En 2026, la vidéo verticale au format 9:16 (Reels, TikTok, Shorts) peut être un levier d’information santé pertinent pour les laboratoires, institutions et cliniques, à condition de rester informative et non promotionnelle : bannir la promotion d’actes esthétiques et de médicaments sur prescription ou remboursables, afficher les mentions de transparence, recueillir le consentement RGPD des patients filmés et signaler les contenus générés par IA.

La vidéo courte au format vertical est devenue le langage naturel des réseaux sociaux, et le secteur de la santé n’y échappe pas. Mais informer un patient n’est pas vendre un produit : entre le cadre de l’ANSM, la loi sur les influenceurs, le RGPD et l’AI Act, la marge de manœuvre est étroite. Ce guide fait le point sur les formats, les durées et, surtout, les règles à respecter pour communiquer utilement sans jamais survendre.

Pourquoi la vidéo verticale s’impose-t-elle pour informer en santé en 2026 ?

La vidéo verticale — celle que l’on regarde spontanément, téléphone tenu droit — est devenue le format de référence des plateformes sociales grand public. Reels sur Instagram, Shorts sur YouTube, vidéos TikTok : tous partagent la même grammaire visuelle, le plein écran vertical et une consommation rapide, souvent au fil du pouce.

Pour un acteur de santé, cet usage représente une opportunité pédagogique réelle. Une vidéo courte permet d’expliquer simplement une pathologie, un geste de prévention ou une étape d’un parcours de soin, dans un format que le public consulte déjà quotidiennement. Encore faut-il distinguer deux registres :

  • Informer : rendre accessible une connaissance, orienter vers un professionnel de santé, lutter contre les idées reçues.
  • Promouvoir : vanter un produit, promettre un résultat, inciter à un acte.

C’est cette frontière qui structure tout le reste : en santé, le premier registre est largement ouvert, le second est strictement encadré et parfois interdit.

Quel format et quelle durée privilégier (9:16, Reels, TikTok, Shorts) ?

Le format technique commun aux trois grandes plateformes est le 9:16 en 1080 x 1920 pixels. C’est le standard à adopter par défaut pour une diffusion multiplateforme sans recadrage hasardeux.

Côté durée, les possibilités se sont élargies :

  • YouTube Shorts accepte les vidéos verticales (ou carrées) jusqu’à 3 minutes [1].
  • Instagram Reels monte également jusqu’à 3 minutes.
  • TikTok autorise des vidéos beaucoup plus longues, jusqu’à 10 minutes.

Mais durée maximale n’est pas durée idéale. Les formats de 15 à 30 secondes affichent généralement les meilleurs taux d’engagement. Pour un message de santé, cela plaide pour des contenus courts, cadrés et pédagogiques : une idée claire par vidéo, sans surcharge d’informations ni promesse. Les formats plus longs (jusqu’à 3 minutes) restent pertinents pour un contenu explicatif structuré — le déroulé d’un examen, les étapes d’un dépistage — à condition de garder un ton factuel.

Un laboratoire peut-il promouvoir un médicament en vidéo courte ?

C’est l’un des points les plus sensibles. En France, la publicité grand public des médicaments est très encadrée et contrôlée a priori par l’ANSM.

Concrètement :

  • Seuls les médicaments non soumis à prescription obligatoire et non remboursables peuvent faire l’objet d’une publicité auprès du grand public, après obtention d’un visa GP délivré par l’ANSM (valable 2 ans) [3].
  • Sur les réseaux sociaux ouverts, la diffusion n’est admise que si les fonctions d’interaction (mentions « j’aime », commentaires, partages) sont désactivées.
  • Les médicaments soumis à prescription ne peuvent pas être promus auprès du grand public.

Autrement dit, une campagne vidéo grand public autour d’un médicament n’est envisageable que dans un périmètre étroit, avec un visa préalable, et ne peut pas prendre la forme virale et interactive habituelle des Reels ou des vidéos TikTok.

Dispositifs médicaux : que peut-on montrer en publicité grand public ?

Pour les dispositifs médicaux (DM), la logique est également graduée selon la classe de risque [4] :

  • La publicité grand public est possible pour les DM des classes I et IIa.
  • Elle est interdite pour les DM remboursables des classes IIb et III.
  • Les DM présentant un risque important nécessitent une autorisation préalable de l’ANSM.

Sur le fond, le contenu ne peut pas :

  • laisser croire à un effet assuré ou à une absence d’effet indésirable ;
  • présenter le dispositif comme supérieur à un autre ;
  • suggérer que son usage rend superflue une consultation médicale ;
  • s’appuyer sur des recommandations de scientifiques, de professionnels de santé ou de personnalités.

Ces principes disqualifient d’emblée les codes marketing classiques de la vidéo courte : avant/après spectaculaires, témoignages présentés comme des preuves, effets « garantis ».

Chirurgie et actes esthétiques : que change la loi influenceurs de 2023 ?

La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadrant l’activité commerciale des influenceurs a introduit une interdiction nette : la promotion, directe ou indirecte, d’actes, procédés, techniques et méthodes à visée esthétique et de chirurgie esthétique — ainsi que de certains dispositifs médicaux pris en charge par la sécurité sociale [2].

Les enjeux sont lourds : les manquements exposent à des sanctions pouvant atteindre 2 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.

Conséquence pratique : une clinique ou un laboratoire ne peut pas faire porter ce type de promotion par un créateur de contenu. Une communication strictement informative — expliquer une pathologie, une démarche de prévention, un parcours — reste envisageable, mais elle doit rester très prudente, sans promesse de résultat ni incitation à recourir à un acte.

Comment filmer un patient ou diffuser un témoignage sans enfreindre le RGPD ?

Filmer une personne pour évoquer sa santé, c’est traiter des données de santé, catégorie de données sensibles particulièrement protégée par l’article 9 du RGPD, la loi Informatique et Libertés et le Code de la santé publique [6].

Le traitement de ces données est en principe interdit, sauf exception — notamment le consentement explicite, éclairé et documenté de la personne concernée. Un témoignage patient en vidéo verticale suppose donc, au minimum :

  • un consentement écrit et spécifique, décrivant l’usage précis (plateformes, durée, finalité) ;
  • une information claire sur les droits de la personne (retrait, effacement) ;
  • une conservation traçable de ce consentement.

La CNIL sanctionne les manquements : elle a par exemple prononcé une amende de 380 000 euros à l’encontre du site Doctissimo en 2023 (délibération du 11 mai 2023). Enfin, un témoignage ne doit jamais être présenté comme une preuve d’efficacité, et pour les dispositifs médicaux, les recommandations de professionnels ou de personnalités sont proscrites en publicité grand public.

Quelles mentions de transparence afficher (partenariat, retouche, IA) ?

Dès qu’un contenu a un caractère commercial, ce caractère doit être affiché de façon claire et lisible pendant toute la promotion [5] :

  • la mention « publicité » ou « collaboration commerciale » (des équivalents comme « sponsorisé » ou « partenariat » sont admis depuis l’ordonnance du 6 novembre 2024) ;
  • la mention « image retouchée » lorsqu’un filtre modifie l’apparence ;
  • la mention « images virtuelles » pour les visuels générés par intelligence artificielle.

La DGCCRF contrôle activement ces obligations. À cela s’ajoute une échéance européenne : à partir du 2 août 2026, l’article 50 de l’AI Act (règlement (UE) 2024/1689) imposera que les contenus générés ou manipulés par IA soient détectables comme artificiels et que les deepfakes soient explicitement signalés, de façon claire, au plus tard lors de la première exposition [7]. Un contenu d’information généré par IA devra également être signalé, sauf revue éditoriale humaine.

Informatif ou promotionnel : comment arbitrer concrètement ?

Face à un projet de vidéo verticale santé, le réflexe le plus sûr est de positionner chaque choix sur l’axe « informatif » plutôt que « promotionnel ». Le tableau ci-dessous synthétise les arbitrages clés.

Critère Contenu informatif (recommandé) Contenu promotionnel (à risque)
Objectif du contenu Expliquer une pathologie, la prévention ou un parcours de soin Vanter un produit ou promettre un résultat
Type de preuve mis en avant Sources publiques, données factuelles, renvoi vers un professionnel de santé Témoignage présenté comme preuve, avant/après, allégation d’efficacité
Transparence affichée Partenariat, retouche et IA signalés (publicité, image retouchée, images virtuelles) Caractère commercial ou artificiel masqué
Risque réglementaire Réduit : aligné avec l’esprit des règles ANSM, DGCCRF, loi influenceurs, RGPD Élevé : sanctions ANSM, DGCCRF et pénales (loi 2023-451)
Valeur SEO / GEO durable Réutilisable et citable dans le temps Exposé au retrait ou à la sanction

Un contenu informatif, factuel et transparent n’est pas seulement plus prudent sur le plan réglementaire : il est aussi plus durable. Il reste citable, réutilisable et référençable dans le temps, là où un contenu promotionnel litigieux peut devoir être retiré.

Article informatif. Ce contenu vise à éclairer les acteurs de santé sur les bonnes pratiques de communication. Il ne constitue pas un conseil médical, réglementaire ou juridique individualisé. Chaque projet doit être apprécié au regard de la réglementation applicable et, le cas échéant, validé avec un conseil spécialisé.

KARMA Santé, pour une communication vidéo responsable

KARMA Santé accompagne les laboratoires, institutions et acteurs de santé dans la conception de contenus vidéo pédagogiques et durables. De la stratégie éditoriale à la production, nous construisons des formats courts qui informent sans survendre, en tenant compte du cadre réglementaire applicable (ANSM, DGCCRF, RGPD, loi influenceurs, AI Act). Découvrez qui nous sommes et parcourez nos références pour échanger sur votre projet de vidéo verticale.

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Équipe éditoriale KARMA Santé — 2026

FAQ — Vidéo verticale en santé

Un laboratoire peut-il promouvoir un médicament sur TikTok ou Instagram ?

Seuls les médicaments non soumis à prescription obligatoire et non remboursables peuvent faire l’objet d’une publicité grand public, après visa GP de l’ANSM. Sur les réseaux sociaux ouverts, les fonctions « j’aime », commentaire et partage doivent être désactivées. Les médicaments sur prescription ne peuvent pas être promus auprès du grand public.

Peut-on diffuser un témoignage de patient en vidéo verticale ?

Un témoignage relève des données de santé (article 9 du RGPD) et suppose un consentement explicite, éclairé et documenté de la personne. Il ne doit pas être présenté comme une preuve d’efficacité, et pour les dispositifs médicaux, les recommandations de professionnels ou de personnalités sont interdites en publicité grand public.

Une clinique esthétique peut-elle travailler avec un influenceur ?

La promotion d’actes de chirurgie ou à visée esthétique par des influenceurs est interdite depuis la loi du 9 juin 2023, avec des sanctions pouvant atteindre 2 ans d’emprisonnement et 300 000 euros. Une communication strictement informative, sans promesse de résultat ni incitation, reste envisageable mais doit rester très prudente.

Faut-il signaler les vidéos retouchées ou générées par IA ?

Oui. Pour les contenus d’influence, la DGCCRF impose la mention « image retouchée » en cas de filtre et « images virtuelles » en cas d’IA. Par ailleurs, à partir du 2 août 2026, l’article 50 de l’AI Act impose de signaler clairement les deepfakes et les contenus générés ou manipulés par IA.

Quels format et durée privilégier pour informer sans lasser ?

Le 9:16 en 1080 x 1920 px est le standard commun à Reels, TikTok et Shorts. Les formats de 15 à 30 secondes obtiennent généralement le meilleur engagement ; Reels et Shorts montent jusqu’à 3 minutes et TikTok jusqu’à 10 minutes pour un contenu plus pédagogique. Un message court, factuel et sans promesse thérapeutique reste le plus prudent.

Sources

  1. YouTube — Aide : à propos des Shorts de trois minutes — support.google.com
  2. Légifrance — LOI n° 2023-451 du 9 juin 2023 (encadrement des influenceurs) — legifrance.gouv.fr
  3. ANSM — Recommandations pour la publicité des médicaments auprès du grand public — ansm.sante.fr
  4. Légifrance — Code de la santé publique, Publicité des DM (art. L5213-1 à L5213-7) — legifrance.gouv.fr
  5. economie.gouv.fr (DGCCRF) — Influenceurs, quels sont mes devoirs — economie.gouv.fr
  6. CNIL — Quelles formalités pour les traitements de données de santé — cnil.fr
  7. EU AI Act — Article 50 (obligations de transparence) — artificialintelligenceact.eu
  8. EUR-Lex — Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act) — eur-lex.europa.eu
  9. ANSM — Modalités encadrant les demandes de visa de publicité GP — ansm.sante.fr

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