1 juillet 2021

Valeur de la communication visuelle dans le secteur de la santé

Valeur de la communication visuelle dans le secteur de la santé

« J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance ni n’exploiterai le pouvoir hérité des circonstances pour forcer leur conscience. » Hippocrate, dans son serment, parlait déjà de l’importance d’une communication claire et honnête entre le médecin et le patient.

Source : le serment d’Hippocrate

La crise du Covid-19 a encore renforcé ce besoin d’information claire et efficace par l’image, suite à la résurgence d’un concept inventé en 2000 : l’ infodémie.

La diffusion large et rapide des informations, vraies et fausses, crée le besoin pour les entreprises, les services publics et même les réseaux sociaux de vérifier et de fournir des informations fiables. Beaucoup ont opté pour les médias visuels pour communiquer efficacement à grande échelle.

Cependant, la communication dans le contexte de la pandémie mondiale actuelle, bien que primordiale, n’est pas le seul domaine de la santé où la communication visuelle peut apporter une valeur ajoutée.

Communication visuelle pour faciliter la relation praticien/patient

Pendant très longtemps, le médecin a été dans une position où il sait ce qui est bon pour le patient, tandis que le patient abandonne son propre jugement et s’en remet aveuglément au médecin. L’expertise, marquée par un certificat crée un effet rassurant et donnent une légitimité supplémentaire à celui qui l’exerce. Cette attitude paternaliste n’est plus présente dans les professions de santé, mais elle a laissé des traces.

C’est pourquoi le public exige de plus en plus de transparence de la part du corps médical. Les patients sont investis dans leurs soins et veulent comprendre ! Qui dit transparence, dit confiance.
La communication entre le personnel soignant et les patients, ainsi que leurs proches, est donc cruciale.

L’émergence rapide de l’utilisation de supports visuels tels que la vidéo, l’infographie ou encore la bande dessinée a permis au secteur de la santé d’utiliser la communication visuelle pour communiquer plus facilement avec les patients.

Vidéo préopératoire

« Une image vaut mille mots » ou plutôt une vidéo vaut mille mots.

C’est le principe que les chirurgiens ont appliqué pour expliquer à leurs patients l’intervention qu’ils s’apprêtent à subir. Il est plus facile pour le patient de visualiser l’opération avec une vidéo 3D qu’avec des explications dans un jargon médical compliqué.

Voici un exemple avec une vidéo expliquant l’opération d’une Cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire). Il donne également des instructions avant et après l’opération.

Cette pratique est de plus en plus répandue dans les hôpitaux et les cliniques. Le but de ces vidéos est de permettre aux patients de mieux comprendre et se souvenir comment va se dérouler l’hospitalisation et donc d’être mieux préparés et rassurés. Ceci est bénéfique pour le patient comme pour le chirurgien car « un patient serein signifie une opération réussie ».

Ces vidéos peuvent être projetées lors de séances pédagogiques animées par des infirmières spécialement formées. Lors de cet échange avec le patient, il lui expliquera en détail le déroulement de l’hospitalisation et lui donnera toutes les instructions nécessaires. Pour ce faire, ils utilisent des supports visuels facilitant la compréhension, tels que des vidéos et des livrets pédagogiques illustrés, auxquels les patients peuvent se référer en cas de doute ou de question.

Matériel d’éducation thérapeutique

Des séances d’éducation thérapeutique sont organisées dans le cadre de la prise en charge des maladies chroniques. L’éducation thérapeutique des patients a été définie pour la première fois par l’OMS en 1996 et « vise à aider les patients à acquérir ou à maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer leur vie avec une maladie chronique ». Récemment, il est devenu de plus en plus important dans les hôpitaux car il permet aux patients de mieux comprendre et accepter leur maladie chronique. Elle améliore également l’observance par la connaissance du rapport bénéfice/risque de leur traitement.

Les aides visuelles ont un rôle prépondérant ! Pour dynamiser les sessions d’ETP, de nombreux outils ont été développés par différentes collectivités territoriales et CHU. Ils peuvent prendre la forme de jeux de société, de puzzles, de photo-expressions, de livres pour enfants, de documents multimédias, voire d’expositions. Chaque outil se concentre sur un sujet spécifique. Il existe donc un outil pour chaque situation.
La plupart de ces matériaux sont répertoriés dans des catalogues disponibles sur le site Web d’Ephora.

La multiplicité des types de support est un avantage considérable. En effet, chaque personne est plus ou moins réceptive selon l’approche. Il sera plus facile d’aborder un enfant avec un livre illustré, alors qu’il sera plus approprié d’utiliser un reportage photo avec un adolescent pour l’aider à se confier. De même, le niveau de difficulté des jeux de société éducatifs doit être adapté au public cible.

Il existe différentes bibliothèques d’outils en ligne complètes qui permettent de rechercher un outil pédagogique selon le type d’outil, le public et le thème.

Prise en charge d’enfants

D’autres outils visuels sont utilisés depuis longtemps dans la prise en charge des enfants et vous pouvez voir cette étude de cas d’un livret illustré expliquant une condition à un enfant.

Plus on est jeune, plus il est difficile d’exprimer ce qu’on ressent car on est encore en train d’apprendre du vocabulaire. Il est aussi plus complexe de quantifier les choses. C’est pourquoi une échelle a été créée spécialement pour les jeunes enfants afin d’évaluer la douleur. Sur cette échelle les chiffres sont remplacés par des visages, et elle est accompagnée d’instructions à l’assistante pour expliquer à l’enfant comment cela fonctionne.

Les aides visuelles sont également largement utilisées dans le suivi des enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA). Les enfants, comme les adultes, vivant avec un TSA ont parfois des difficultés à s’exprimer et à comprendre certaines subtilités du langage. Les visuels sont donc un moyen de communication privilégié. Il est possible d’utiliser des pictogrammes ou des images, l’important étant de se rapprocher le plus possible de la réalité de l’enfant.

  • L’utilisation de visuels à trois intérêts principaux :

Faciliter la communication avec les autres
Aider à comprendre les codes sociaux et les émotions
– Aider à la structuration temporelle, à la mise en place d’une routine et anticiper les changements dans cette routine pour réduire l’anxiété

Pour cela, il est possible de mettre en place des plannings journaliers ou hebdomadaires, d’illustrer le détail de certaines activités (se brosser les dents, etc.), de créer des cartes représentant chaque émotion, d’illustrer certaines règles de vie, etc.

La communication visuelle : un outil de santé publique

L’objectif de la communication en santé publique est de prévenir et de promouvoir la santé. La promotion de la santé est conforme à la définition de la santé de l’OMS (un état de bien-être physique, mental et social complet). Elle cherche à élever le niveau de « conscience de santé » du sujet en faisant de lui un acteur de sa propre santé.

échelle de la douleur graduée de 1 à 10, montrant l'expression d'un visage grimaçant suivant l'intensité de la souffrance qu'il subit

D’autre part, la prévention primaire cherche à soustraire l’individu à un risque, c’est donc une protection plutôt passive. Dans les deux cas il s’agit d’une prévention universelle dirigée vers l’ensemble de la population. Il est donc crucial de diversifier les médias car il n’existe pas d’outils pour tous les publics.

Les médias visuels ont toujours été les médias préférés. A la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, la lutte contre la tuberculose était un enjeu sanitaire majeur. Le Comité national de lutte contre la tuberculose a été un pionnier de l’éducation à la santé par l’image puisqu’il a repris en 1926 l’idée du timbre antituberculeux inventé en 1904 par le Danois Einar Hoboll. Il a donné un nouvel élan à la propagande antituberculeuse puisque sa sortie annuelle à Noël s’accompagnait d’une « campagne du timbre » dans laquelle tous les moyens de propagande (presse, radio, tracts, brochures, cinéma, affiches, débats, etc.) étaient combinés pour éduquer sur les risques de la tuberculose.

De nos jours, certains médias comme les affiches, la publicité radio ou vidéo sont restés les mêmes, tandis que de nouveaux médias comme l’infographie, les sites Web et les réseaux sociaux ont fait leur apparition.

Communication visuelle involontaire

Une nouvelle forme de communication visuelle en santé est apparue très récemment : le partage d’images par le public sur internet et les réseaux sociaux. Les réseaux numériques ont bouleversé nos modes de vie, nos valeurs, nos normes. Grace aux réseaux numériques le citoyen devient expert. Flichy nous parle de notre nouveau rapport à la connaissance et à la culture mais également à la santé.

L’apparition des mèmes a complètement changé la donne. Ils deviennent viraux et sont repartagés des milliers de fois, diffusant les informations qu’ils véhiculent. Cependant, ces informations ne sont en aucun cas fiables ou vérifiables car il n’y a pas de sources. Cela a permis la propagation, depuis quelques années, de la sphère « antivax », c’est-à-dire des individus qui s’opposent fermement à la vaccination et pensent qu’il s’agit d’un complot de l’État et de Big Pharma. On assiste alors sur internet à une opposition entre ces « antivax » et leurs détracteurs. Philippe Weber fait partie des figures anti-vaccins, et se présente comme « éveilleur de consciences » très actif sur les réseaux sociaux il est de ceux qui dénoncent les nouveautés des vaccins contre le coronavirus « Alors là on parle vraiment de manipulation génétique « l’entend expliquer dans ses publications. Des propos démentis par la connaissance scientifique. En conséquence, est engendré la post vérité, un concept de Ralph Keyes en 2004. Le taux de circulation des fakes news battent leurs records sur le web.

Cette information officieuse sur les problèmes de santé a un impact considérable sur les personnes qui la voient régulièrement. Même lorsqu’il est exprimé de manière humoristique, ce que nous voyons marque notre subconscient et influence notre comportement et nos opinions. On ne s’intéresse plus vraiment à la vérité la vérité devient moins importante que les opinions personnelles. L’ère de on ne sait plus vraiment ce qui est vrai ou pas. On remet en cause les moyens de parvenir à la vérité (théorie du complot). L’individu ne sait plus s’informer, il ne perçoit plus le vrai du faux mais s’en contente. Il est essentiel que les professionnels de santé doivent prendre en compte ce nouveau facteur lorsqu’ils traitent avec les patients.

 

Sources :

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